Fermer

XI
La palette de l’asphalte

On distingue toutes les couleurs, toutes les formes dans un peloton de marathoniens.
De loin ou de l’intérieur, il ressemble à une armée multicolore qui sautille sur place.
Derrière les ballons des meneurs d’allure, l’avancée des fantassins du bitume se fait en cadence. Reste à la suivre jusqu’à l’arrivée, au bout de cette aventure humaine où on ne doit laisser personne sur le bas-côté. Encourager l’un, motiver l’autre…
Au coeur de cette harmonieuse palette de l’asphalte, il y a de l’entraide et de la solidarité.
Certains étaient déguisés comme pour un carnaval, un jour de fête. Il y avait des bagnards, des Mickey, un garçon de café avec son plateau… Loin devant, il m’a semblé reconnaître Vincent avec sa casquette jaune ornée d’un Marsupilami.
Dans la cohue du départ, j’avais omis de regarder la ligne bleue que j’attendais depuis si longtemps. Au bout d’une dizaine de minutes, elle m’est apparue. Le fil d’Ariane passait parfois par le milieu de la route, avant d’obliquer franchement vers les trottoirs pour épouser les virages du tracé. On ne voyait qu’elle ! Illusion d’optique ou jeux de lumière ? Elle semblait recouverte d’une couche de vernis sur certaines portions. Une idée me frappa soudain l’esprit : mais pourquoi cette ligne était-elle finalement bleue ? J’envisageais alors toutes les hypothèses. Blanche, elle se serait confondue avec les passages piétons. Rouge ou verte, elle aurait posé problème aux coureurs daltoniens… Selon le règlement de l’IAAF, l’association internationale des fédérations d’athlétisme : “la ligne de mesurage des marathons doit être indiquée le long du parcours par une couleur distinctive qui ne puisse être confondue avec d’autres marquages.” Du coup dans le monde entier, les organisateurs de marathons ont choisi le bleu, un bleu plus ou moins clair mais en fin de compte toujours assez proche.
Dans une belle bousculade, j’ai pu attraper un verre d’eau au premier ravitaillement.
J’ai ensuite repris mon rythme et continué d’épouser la trajectoire de cette ligne.
A l’intérieur de mon défi, j’en avais créé un autre : faire en sorte qu’à chaque
foulée, la ligne reste toujours entre mes pieds. Autant que possible, je ne devais donc jamais la piétiner.




EXTRAIT PRECEDENT ZOOM EXTRAIT SUIVANT

 

 















COMMANDE EN LIGNE

ou

Bon de commande (chèque)

Conditions générales de vente
ZOOM